Ceci est un grand fourre-tout

Éva-I

Il y a chez cette fille quelque chose d’attirant, de fascinant. Elle ne le sait probablement pas mais je l’observe. De loin, de très loin, j’apprends à la connaître, je me renseigne sur elle, j’épie sa vie. C’est excitant, elle ne se doute de rien.

Aujourd’hui, après avoir pensé à Peter, j’ai longuement pensé à elle et j’ai eu mal pour ça.

Lorsque Peter et moi discutons, elle n’existe plus, David non-plus. C’est comme lors de notre rencontre : il ignore tout de mon fiancé et je pense parler à un célibataire. On fait connaissance, on s’amourache l’un de l’autre, on tait les engagements qui nous attendent au pays. C’était les vacances, et aujourd’hui encore, les vacances perdurent. Il est retourné auprès d’elle en Belgique. Je suis rentrée auprès de ce fiancé qui se languissait de moi à la Réunion. N’empêche, c’est toujours les vacances dans mon cœur.

Mais à l’instant, j’étais redevenue sérieuse. Peut-être que Peter se trompe. Peut-être qu’un jour il regrettera son choix. Peut-être que Peter crois que je suis celle qu’il lui faut mais qu’il se trompe sur qui je suis et quand il se rendra compte de la supercherie, il sera trop tard et il sera triste. Peut-être que c’est moi qui suis de trop. Je suis de trop, c’est une affirmation, mais peut-être suis-je ce trop destiné à Peter. Peut-être devrais-je lâcher l’affaire.

Ça me fait mal de penser à ça. Moi je ne veut que Peter, lui ne veut que de moi. Mais elle, elle l’aime tant. Elle joue en ligne avec lui et il aime jouer; moi je suis une bleue. Elle lui écrit de longs serment d’amour; ai-je l’air affectueuse à ce point ? Puis-je extérioriser mes sentiments comme elle le fait ? Elle est vivante et joyeuse. Elle est facile à vivre, pas tant que ça mais plus que moi; elle n’a pas ma complexité. Elle est douce et innocente mais blessée et détruite, un oiseau à l’aile blessé, un doux ange déchu; je suis ce feu qui la détruit, je suis la tempête qui ravage tout, je suis l’eau tumultueuse qui vient à bout de la roche. Je suis le feu qui réchauffe, l’arc-en-ciel après la pluie, l’eau salvatrice qui abreuve les assoiffés. Je suis pleins/trop de choses. Elle est simple. Elle est blanche ou noire. Elle, elle est belle.
Tellement belle que ça me ferait mal de voir son beau visage déformé par les larmes et la tristesse après tout le mal que je lui ferai…