Ceci est un grand fourre-tout

La date de péremption.

Parfois, je pense à comment je vais rompre avec David. Je sais d’ors et déjà que lui et moi avons une fin; je l’ai personnellement décidé. Un jour il faudra bien que ça arrive, parce qu’un jour je partirai de mon île pour retrouver Peter, et ce jour je ne pourrai emporter personne dans mes valises. Je me présenterai seule face à celui que j’aime et lui se sera délaissé du poids de sa copine.

Les examens finaux : c’est ça la date butoir. Je le suivrai amoureusement jusqu’à ce qu’il ait son diplôme, je le motiverai, je prendrai soin de lui et ferai en sorte qu’il donne le meilleur de lui même, mais une fois passés les examens, lorsque je saurai qu’il peut enfin s’occuper de lui et être indépendant, alors je le laisserai voler de ses propres ailes… Je lui dirai ,alors, que pour le besoin de mes études je compte m’installer en Europe (ce qui est vrai de toute manière) et que je ne préfère pas qu’il me suive.

Peut-être que nous ne durerons pas jusque là. Je sais que même sans Peter notre relation est vouée à l’échec; David est épuisant à la longue, il demande beaucoup d’énergie, énormément d’investissement dans notre relation et je sais très bien qu’un jour viendra où je n’en aurais plus la force. Si nous venons à nous séparer bien avant les examens, eh bien j’ai déjà prévu de profiter de mon célibat comme il se doit : prendre du temps pour moi, me tourner vers de nouveaux amants,...

Pour le moment, cette date funeste, où tout ce qu’il reste de notre amour mourra, n’est pas encore arrivé. Pour le moment, une part de moi l’aime toujours, alors pour le moment, je profite du temps présent, et j’en profite plus intensément sachant qu’un jour nous périront.