Ceci est un grand fourre-tout

La froideur.

Toute ma famille m’a semblée froide envers David hier soir. Je ne sais s’il a fait mauvaise impression ou si c’est moi qu’on a jugé à mal pour l’avoir invité à un repas familial (ce qui serait un comble; je suis chez moi tout de même). Personne ne lui a adressé la parole, or-mis Grand-mère. Elle l’aime beaucoup je crois, plus qu’elle ne m’aime moi. Moi j’étais contente qu’il soit là; la dengue m’a mise chaos et je me suis reposée un temps sur lui. Première fois que je présente quelqu’un à ma famille. Je m’attendais à mieux de leur part, mais aussi de celle de mon fiancé : lui non-plus n’était pas loquace.

Je me demande si Peter a déjà présenté quelqu’un à sa famille, s’il leur a déjà présentés Éva.

Une fois tout les invités ayant déserté ma maison je suis directement montée me démaquiller. Maman m’a suivie.

"David vient le 18 ?
-Je sais pas, tout le monde en parlait mais personne ne l’a invité. Je n’ai pas jugé correcte de l’inclure au personne présente au pique-nique sans que vous ne le fassiez. J’avais peur que ce soit impoli de le faire sans votre consentement ou que vous soyez gênés par sa présence.
-Ridicule ! Je l’adore ! On l’emmène avec nous."

Je me suis brossée les dents et me suis couchée. Dans mon rêve, Éva me tuait. Peter me présentait à sa famille. Elle était là, elle était adorée de tous et moi j’étais l’intruse, l’étrangère parmi tout ces Belges. Je n’était rien de bien.

La fièvre était encore sur moi au réveil. Elle me parut plus forte à la vue d’un message de Peter. Je n’y ai toujours pas touché. J’attends, lui m’a bien faite attendre. C’est dimanche j’ai besoin de me détendre; ce soir je lirai, je serai heureuse, je lui écrirai et je pleurerai en me rappelant ma lâcheté.

Le 02 juillet 2015, c’était un jeudi et le premier jour de la Japan Expo. J’ai passé cette journée avec lui. Le matin nous ne connaissions pas et le soir venu nous voulions passer le reste de notre vie ensemble. Il m’a prise dans ses bras et m’a chastement embrassée dans le cou. Nous ne nous revîmes plus jamais.

Des messages, que des mails de lui, un lien entre nous, des promesses d’amour. On vit comme ça. On attend. Un jour viendra où nous pourrons nous donner notre chance. Éva ne sera plus. J’aurai le courage de quitter David et quitterai mon île pour m’envoler vers la métropole. La dernière partie sera la plus facile, je m’applique déjà à n’avoir aucune attache ici, pas d’amis, pas de vie sociale, pas de projet autre que celui de partir. Rien ne me retiendra ici.